S’il permet aux enfants de développer leurs capacités sensorielles, motrices, sociales, intellectuelles et langagières, le jeu peut tout autant bénéficier aux adolescents dans le processus d’apprentissage. Malheureusement, force est de constater ses difficultés à se frayer un chemin dans les salles de classe. Loin d’être nouvelle, la ludopédagogie a pourtant déjà acquis ses lettres de noblesse dans certains pays, comme le Danemark. En Belgique par contre, on rechigne encore parfois à y recourir, au profit d’activités dites plus « sérieuses ». Et si on laissait nos a priori de côté un instant ? Promis, le jeu en vaut la chandelle !

Pourquoi tant de haine ?

À l’origine de ces réticences, un amalgame énorme, mais courant : celui qui consiste à opposer « travail » et « jeu ». L’inconscient collectif associe ainsi souvent le premier aux notions d’efforts, de discipline ou encore de rigueur, a priori incompatibles avec le jeu et tout ce qu’il implique de plaisir, de détente, voire d’insouciance. A priori seulement. Car les neurosciences l’ont prouvé depuis longtemps : c’est en expérimentant des émotions positives qu’un individu atteint le maximum de ses capacités, gage d’un apprentissage facilité.

Autre raison de ce désamour : la difficulté pour les enseignants d’adapter le jeu aux matières et compétences visées, ainsi que le temps nécessaire à lui consacrer. Difficile en effet de « sacrifier » 50 minutes quand le nombre de périodes hebdomadaires est déjà si limité. Grande est alors la tentation de privilégier des activités plus traditionnelles pour rentabiliser au maximum ces quelques périodes consacrées aux langues.

 

Quand la pédagogie sort le grand jeu

Malgré ce scepticisme compréhensible, le temps dédié au jeu dans l’apprentissage est en réalité du temps bien investi. En effet, ses vertus sont aussi nombreuses que précieuses :

  • il rend tout d’abord l’apprenant acteur de son apprentissage, le sortant d’un rôle passif ;
  • il instaure également une ambiance ludique propice à l’apprentissage, au même titre que la chanson (nous vous en parlions dans notre premier article) ;
  • focalisés sur la victoire, les élèves mettent de côté leurs inhibitions pour surmonter la peur de l’erreur. Fluidité accrue et gain de confiance à la clé ;
  • le jeu développe encore des compétences transversales et universelles : respecter des règles, savoir perdre, collaborer, développer une stratégie… La mémorisation, la créativité et l’imagination peuvent également être stimulées ;
  • le jeu, c’est enfin le plaisir de partager et de se dépasser… autant d’éléments favorisant la motivation et partant, un rapport positif à l’école.

 

Jouer, oui, mais pas n’importe comment…

Prêt(e) à vous laisser tenter ? Avant de foncer tête baissée à la ludothèque, il convient de vous poser les bonnes questions (et d’y apporter les bonnes réponses 😉) :

  •  le jeu choisi est-il propice à l’apprentissage des langues ? Exit donc le solitaire, les élèves doivent être amenés à échanger et à s’exprimer oralement ou par écrit dans l’autre langue. Cette question aborde finalement l’adéquation de l’activité choisie avec les objectifs pédagogiques poursuivis ;
  • le nombre de joueurs est-il adapté ? Privilégiez des petits groupes, quitte à vous procurer plusieurs exemplaires d’un même jeu, de façon à ce que chacun se sente impliqué ;
  • la durée est-elle optimale ? Optez de préférence pour une activité qui pourra être finalisée avant la fin du cours. Terminer le cours sur une note inachevée pourrait laisser à vos élèves un goût de trop peu. Comptez également le temps nécessaire à la présentation des règles, aux corrections ou explications éventuelles à apporter en cours de route ;
  • quel rôle allez-vous jouer en tant qu’enseignant(e) ? Serez-vous en retrait ou participerez-vous activement ? Quelle que soit la réponse apportée, il sera nécessaire à tout le moins d’encadrer le jeu en rappelant les règles et en corrigeant les élèves.

Concrètement…

Pour vous mettre le pied à l’étrier, nous vous proposons ci-dessous quelques exemples de jeux exploitables tant en anglais qu’en néerlandais :

  • Activité brise-glace : vous donnez une check-list à chaque élève avec la consigne suivante : « Trouvez dans la classe quelqu’un qui… joue au football/a une sœur aînée/aime le rap… ». Les élèves ont ensuite 20 minutes pour se poser des questions les uns aux autres et trouver une personne pour un maximum de critères. Celui qui a trouvé le plus de personnes remporte la partie.
    Cette activité brise-glace permet de travailler la fluidité, l’expression orale, l’aisance et la confiance en soi. On peut également l’adapter à une thématique particulière (les loisirs, par exemple).
  • Tabou : les règles du jeu initial sont ici préservées, mais vous remplacez le mot à faire deviner par un mot connu de vos élèves. Vous préparez également pour chaque mot une liste de termes tabous.
    Un exercice intéressant pour exploiter l’expression orale, élargir le vocabulaire (par le recours aux synonymes) et revoir la terminologie d’un sujet spécifique.
  • Qui suis-je ? Les élèves notent le nom d’une personnalité sur un Post-it, qu’ils collent ensuite sur le front de quelqu’un d’autre. Ils essaient de deviner la personnalité qu’ils incarnent en posant des questions fermées à leurs camarades de classe.
    Cette activité convient particulièrement si vous souhaitez travailler la formulation de questions (fermées) à l’oral.
  • La surenchère : adaptable à toutes les thématiques, lexicales ou grammaticales, ce jeu ne demande aucune préparation ni support didactique (de rien, de rien 😊). Divisez la classe en 4 groupes et posez-leur la question suivante : « Combien de noms d’animaux/vêtements/couleurs/pays… (thématique au choix selon le sujet de votre leçon) pouvez-vous citer en une minute ? » Les groupes donnent ensuite leur estimation (10, 15, 20…) avant de s’exécuter dans le délai imparti (en l’occurrence, une minute). Et pour les adeptes de la grammaire et de la syntaxe, des variantes sont également possibles : « Combien de phrases au Past Simple/à l’O.V.T. êtes-vous capables de former en une minute ? » Ambiance de folie garantie !

Disponibles à foison, les jeux peuvent donc s’adapter à une multitude de thématiques et de compétences. Leur préparation s’avère parfois même simplissime pour le professeur et leurs déclinaisons, infinies. Ajoutez à cela des atouts indéniables dans le processus d’apprentissage et vous obtenez une ressource pédagogique inestimable dont on aurait tort de se priver.

Alors, prêt(e) à faire rimer enseignement et amusement ? À vous de jouer !

Let's play

 

À court d’inspiration ? Jetez un œil par ici !

 

http://www.euro-langues.org/game-on-13-jeux-de-langues-etrangeres-reellement-amusants-et-efficaces-apprendre-langue/

https://gusandco.net/2011/12/16/12-jeux-a-utiliser-en-classe-pour-developper-son-apprentissage-des-langues/

https://grandirenlangues.com/jeux-langues-maison/

https://flippizz.com/12-jeux-pour-la-classe-de-fle-sans-materiel/

Sources

https://ligue-enseignement.be/lapprentissage-par-le-jeu/

https://gusandco.net/2011/12/15/developper-son-apprentissage-des-langues-etrangeres-en-jouant/

https://naitreetgrandir.com/fr/etape/1_3_ans/jeux/fiche.aspx?doc=ik-naitre-grandir-enfant-bienfait-jeu-jouer

https://www.lasalledesmaitres.com/pedagogie-par-le-jeu/

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